Sommaire
Qu'est-ce que la dépression ?

SOMMAIRE

PREFACE

INTRODUCTION

1. TESTS D'AUTO-EVALUATION
Les quatre grandes origines de la fatigue
Echelle d'évaluation physique
Echelle de stress
Echelle chronobiologique
Echelle de dépression
Diagramme d'auto-évaluation
Comment interpréter votre diagramme ?

II. LES PHENOMENES CORPORELS
L'observation des symptômes
La peau
Les cheveux
Les ongles
La langue
Les dents
L'intestin
Les veines et les artères
Les muscles
Les fièvres
La résistance au froid
Les autres symptômes
Les erreurs alimentaires
Les aliments industriels
Les matières grasses animales
La viande
Les techniques de conservation
Les trois grands ennemis de l'organisme
Le régime alimentaire
Les trois repas
Le petit déjeuner traditionnel : un feu de paille
La crème Budwig : un feu de chÍne
Le déjeuner et le dîner: une négociation
Le jeûne
Les vitamines
Les différents types de compléments vitaminiques
Comment utiliser le tableau ?
Les oligo-éléments
La notion de terrain
Les trois groupes d'oligo-éléments
Le pH urinaire
L'équilibre acido-basique
Les trois grandes causes d'acidification
Le miroir de l'organisme
Comment rétablir l'équilibre pH ?
Les lavements
L'hygiène de l'intestin
Comment faire un lavement ?
Les bains du Dr Salmanoff
Le potentiel vital des cellules
Mode d'emploi

III . LE STRESS ET SES EFFETS
Qu'est-ce que le stress ?
Définition
Le système neuro-endocrinien
Le système nerveux sympathique
La mesure du stress
Comment lutter contre le stress ?
Ne plus toucher à rien
Le rythme supplée la force
Les techniques de relaxation
Les activités quotidiennes
La cellule familiale
Les moyens médicaux

IV. LES RYTHMES BIOLOGIQUES
Qu'est-ce que la chronobiologie ?
L'homme est un espace-temps
Connaître ses rythmes
Le sommeil
Les règles de vie
Le point capital : l'heure du lever
La durée du sommeil

V. LA DEPRESSION
Qu'est-ce que la dépression ?
Une douleur intérieure
Le syndrome anxio-dépressif
Dépression réactionnelle ou tendance permanente
Stress et dépression
Sentiment d'incompréhension et idée de mort
Les différentes approches de la dépression
Les traitements d'urgence
Les dépressions mineures
Psychanalyse et psychothérapie
Qu'est-ce que la psychothérapie analytique
L'Acupuncture Acoustique

Vl. CONCLUSION :
Un temps pour chaque chose

BIBLIOGRAPHIE


 

IV LA DEPRESSION

QU'EST-CE QUE LA DEPRESSION ?

UNE DOULEUR INTERIEURE

La dépression est un état que l'on rencontre fréquemment (cent millions de sujets dans le monde selon l'OMS) et dont le diagnostic s'appuie sur trois grands piliers :

• la fatigue (physique et psychologique) allant jusqu'à l'apathie, l'aboulie ;
• la tristesse avec un sentiment d'anesthésie affective, pouvant aller jusqu'à l'idée de mort ;
• le ralentissement des activités, de la vitalité, de l'envie de faire, accompagné éventuellement de troubles neuro-végétatifs.

Les liens entre l'état dépressif et la fatigue sont si étroits qu'il est impossible de ne pas étudier - au moins brièvement - le premier dans le cadre de ce livre.

Cependant, je n'ai pas l'ambition d'apporter des réponses immédiates et relativement faciles à mettre en pratique, car la dépression est un mal souvent trop grave pour pouvoir être soigné sans l'aide d'un spécialiste. Le but du test proposé dans la première partie et des pages qui vont suivre est simplement d'aider le lecteur à établir une auto-évaluation : les symptômes qu'il observe sur lui-même indiquent-ils ou non une tendance dépressive ? Dans le prochain chapitre, j'esquisserai rapidement les différents types d'idées possibles.

La dépression est généralement liée à un sentiment de perte, il peut s'agir d'un deuil, d'une faillite, d'un vol, de la perte de l'estime de soi, d'une grave désillusion, etc. Si la cause est extérieure, elle est intériorisée de façon si profonde que l'on peut définir la dépression comme une douleur morale vécue de l'intérieur. Elle est blessure, déchirement, souffrance irrésistible. Les premières conséquences sont la fatigue et l'apparition de troubles somatiques, ce qui explique la présence de plusieurs questions liées à des facteurs physiques dans le test d'Hamilton.

LE SYNDROME ANXIO-DEPRESSIF

Dans la très grande majorité des cas, la dépression va de pair avec l'angoisse ; il est très rare de rencontrer un sujet angoissé qui ne soit pas déprimé ou un sujet déprimé qui ne soit pas en m'me temps angoissé. Le rapport entre les deux composantes suit d'ailleurs souvent une alternance chronobiologique : l'angoisse domine le soir et provoque des difficultés d'endormissement ; la dépression l'emporte le matin, suscitant des réveils très matinaux et poussant le sujet à rester au lit pour ne pas affronter un monde froid, dur et incapable de le comprendre (clinophilie). Une personne déprimée présentera donc un certain nombre de symptômes révélateurs de l'angoisse. Bien que les distinctions tranchées soient discutables, on a l'habitude de regrouper ces derniers en trois grandes catégories :

• Les signes neuro-végétatifs dénotent des troubles dans la "tension" du système nerveux autonome qui contrôle la vie des organes. Les plus courants sont les troubles de l'appétit, les sensations de constriction et d'oppression dans la gorge et dans la poitrine, les douleurs (nuque, dos, etc.), les maux de t'te, les p’leurs, les sueurs, la bouche sèche, les variations de la tension artérielle, les troubles digestifs (diarrhée, constipation, aérophagie, douleurs abdominales).
• Les signes psycho-pathologiques sont l'agitation intérieure, la nervosité, I'impression d''tre persécuté, le sentiment d'une menace imprécise, l'appréhension d'événements désagréables indéterminés, les troubles de la libido et de la sexualité, les troubles du sommeil.
• Les signes psycho-moteurs sont visibles pour un observateur extérieur. Ainsi, on dit parfois en voyant un proche : "Tu as l'air déprimé ce matin !". Il arrive que cette expression du visage, si elle se répète, finisse par creuser un réseau de rides en forme d'oméga entre les sourcils. Au faciès du déprimé s'ajoutent des crises d'agitation suivies de phases d'abattement : le sujet est parfois prostré, comme s'il était vaincu par le mal qui le ronge.

DEPRESSION REACTIONNELLE OU CHRONIQUE

La forme qui nous intéresse dans le cadre de cet ouvrage est la dépression névrotique, et en particulier réactionnelle. Elle est consécutive à une situation générant un malaise. Prenons l'exemple du décès d'un proche : en quelques jours, voire en quelques heures, "quelque chose se brise" au plus profond de l'être, entraînant tristesse, abattement, et emp'chant toute réaction. La blessure est parfois ressentie de manière tellement violente qu'il est possible de parler d'état de choc, de stupeur ; le coup peut m'me frapper de plein fouet les fonctions organiques et "paralyser" la victime. Cependant, comme nombre de blessures, cette douleur morale finit normalement par se cicatriser. Il n'existe pas de règle dans ce domaine, mais on peut estimer de trois à six mois la durée nécessaire pour qu'un deuil soit achevé. Toutes les thérapies pouvant être mises en œuvre ont alors pour but de rendre cette période moins douloureuse et surtout d'accélérer le processus naturel de cicatrisation.

Beaucoup plus grave est la dépression endogène, c'est-à-dire la tendance permanente à la dépression. Les symptômes neuro-végétatifs sont encore plus marqués, de même que les signes psycho-pathologiques et psycho-moteurs (faciès). Les moyens de lutte sont spécialisés et exigent impérativement l'intervention d'un psychiatre. Enfin, la dépression est quelquefois la première expression d'une maladie somatique, par exemple d'une tumeur. Nous sortons ici du cadre de ce livre, mais c'est l'occasion de souligner l'importance du bilan médical sur le plan physique.

STRESS ET DEPRESSION

Pour essayer de comprendre la nature et les mécanismes de la dépression, il peut être utile de l'envisager dans son rapport au stress. En effet, un m'me événement peut engendrer des réactions opposées. Si l'on prend l'exemple de la perte d'un emploi et des difficultés financières qui naissent de cette situation précaire, le sujet stressé sera inquiet, voire très préoccupé, il en perdra le sommeil, l'appétit, il sera victime de toutes sortes de troubles physiques et psychologiques, mais le problème extérieur ne l'affectera que superficiellement. Dans la mesure où ses structures psychologiques de défense restent intactes, il pourra faire front en cherchant un autre travail, en contractant un emprunt, en trouvant une solution. Comme l'animal qui se trouve acculé, la personne stressée conserve le goût de vivre et trouve des forces insoupçonnées pour se battre.

Il s'agit là typiquement d'un syndrome général d'adaptation décrite par Hans Seylie, avec retour à la normale dans un délai relativement court.

Au contraire, le sujet déprimé est comme transpercé par l'événement, il se sent entièrement désarmé et baisse les bras. La souffrance est intériorisée si profondément que la volonté de se battre et la vitalité sont pratiquement anéanties. Une telle opposition est bien sûr un peu caricaturale puisque, nous le savons, on peut être à la fois stressé et déprimé ; elle reflète néanmoins deux grandes tendances de la nature humaine.

On peut se demander pourquoi certaines personnes sont particulièrement vulnérables aux déstabilisations, pourquoi le m'me événement produit des réactions aussi différentes selon les individus. On peut envisager trois explications :

• Il est indéniable que la biologie apporte certaines réponses. Le patrimoine génétique joue un rôle important, bien qu'à lui seul il ne puisse déterminer l'attitude d'un individu face à une situation donnée. Les études de pharmacogénétique démontrent le rôle de notre patrimoine génétique tant dans le type de réponse que dans la réponse aux traitements médicaux proposés. Nous ne sommes manifestement pas tous identiques au plan de l'ADN.
• L'enfance du sujet est également à prendre en cause, car il réagira en fonction de sa personnalité, c'est-à-dire du caractère formé durant les premières années de la vie et dépendant des rapports entre les parents, de l'ambiance affective, de certains traumatismes, des deuils antérieurs, etc. On parle d'empreinte, depuis les travaux de Konrad Lorenz, repris depuis comme concept par l'ethnologie.
• La culture dans laquelle le sujet évolue conditionne également son comportement. Le climat, la religion, les facteurs historiques, économiques, sociaux sont à prendre en compte. Il est connu que le taux de suicide est plus élevé chez certains peuples et à certaines périodes ; il existe de véritables épidémies de suicide, relevées par les historiens.

Explication ne veut pas dire déterminisme ; la dépression n'est pas programmée. Une personne fragile du fait de son hérédité peut parfaitement résister à la dépression gr’ce à un climat affectif favorable ; de m'me, un sujet prédisposé à cause de son histoire personnelle peut trouver des défenses dans son patrimoine génétique ou dans l'éducation qu'il a reçue. Enfin, la connaissance et le respect des facteurs décrits dans cet ouvrage sont autant d'aides potentielles pour dépasser un moment dépressif réactionnel.

SENTIMENT D'INCOMPREHENSION ET IDEE DE MORT

La dépression est un état personnel, profondément intériorisé, mais il est rendu encore plus insupportable par les rapports qui s'établissent avec les autres. Les personnes déprimées expriment presque toutes le sentiment d''tre incomprises par leurs proches et par leurs amis. On leur répète à longueur de joumée : "Tu n'as qu'à prendre sur toi ! Fais un effort ! Tu n'as qu'à te secouer !" Les plus "compréhensifs" donnent des conseils apparemment logiques pour quelqu'un en bonne santé, mais absurdes pour un malade : "Tu devrais te changer les idées. Pourquoi ne prends-tu pas des vacances ?" Ces réflexions reviennent en gros à dire à une personne qui s'est cassée les deux jambes : "Pourquoi restes-tu au lit ?" Même si l'intention est bonne, l'on oublie que partir en vacances risque d'aggraver la plaie intérieure, et que la guérison n'est surtout pas une simple affaire de "volonté".

Rencontrer une telle attitude est une épreuve supplémentaire pour les sujets qui connaissent un état dépressif. En outre, ces derniers ont tendance à interpréter le monde extérieur comme hostile. Ils voient de l'indifférence là où il y a de la sympathie, ils prennent l'indifférence pour de l'animosité. Le sentiment d'incompréhension, fondé sur des comportements réels, peut dégénérer en sentiment de persécution, entièrement interprété. Le sujet déprimé se renferme sur lui-même, la communication devient impossible avec les autres.

Ainsi se comprend l'attirance pour la mort qui accompagne souvent les cas les plus graves, qu'ils soient réactionnels ou endogènes. La vie perd tout intérêt, toute saveur ; de plus, la douleur morale est si douloureuse que le sujet recherche une issue pour y mettre fin. L'absence de dialogue avec les autres, le sentiment d'être un étranger sur terre vont également dans le sens du suicide ; enfin, d'autres facteurs peuvent s'ajouter, tels que le sentiment de culpabilité, la perte de l'estime de soi. Passé un certain seuil de tolérance, l'idée de la mort s'impose comme seul moyen de sortir d'une impasse. C'est pourquoi les dépressions, m'me lorsqu'elles ne semblent pas très graves à première vue, doivent 'tre suivies de près. Dans certains cas, l'hospitalisation est indispensable dans la période critique.